MAS Berthier Mle 1907-15 « Contrat Turc »

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MAS Berthier Mle 1907-15 « Contrat Turc »

Carabine Berthier Mle 1907-15 modifiée par la Turquie pour les gardes forestiers, chambrée en 8 x 51R Lebel.

Marquages du tonnerre T.C. Orman 1948, se lisant : République de Turquie, Forestier, modifié en 1948.

La modification comprend un raccourcissement du canon, le remplacement du guidon, un coudage du levier et la mise en place d’une bague sur le tonnerre.

Très bon état général, mécanique impeccable et canon miroir.

  • 8 x 51R Lebel
  • Canon 560 mm
  • Longueur totale 1060 mm
  • Magasin à lame chargeur de 3 coups
  • Poids à vide 3602 g
  • Arme CIP

1 en stock

Description

Pour tout achat d’arme de Catégorie C 1°b, merci de nous fournir les documents suivants par mail :
  • CNI (Recto/Verso) / Passeport
  • Licence de Tir/Permis de chasser en cours de validité/Carte de collectionneur
  • Le numéro SIA
Berthier Mle 1907-15

La série Berthier, développée au lendemain de la guerre franco-prussienne pour moderniser l’armement léger français, débute avec la carabine 1890, adoptée le 14 mars 1890.  Elle comprend des variantes telles que la carabine d’artillerie 1892, le fusil 1902 destiné aux troupes indochinoises et le fusil 1907 pour les forces coloniales sénégalaises.

Durant la Première Guerre mondiale, le modèle 1907/15 devient le fusil d’infanterie standard après 1915. Sa production s’intensifie dans les arsenaux français et même chez le fabricant américain Remington, bien que de nombreuses unités de fabrication américaine soient rejetées en raison de problèmes de qualité.

Une modification importante apportée en 1916 porte la capacité du chargeur à cinq cartouches afin d’égaler la puissance de feu du Mauser allemand. Cette modification comprend l’ajout d’un coupe-chargeur et l’extension du puits de chargeur, qui sont adaptés aux crosses existantes.

« Contrat Turc »

La Turquie acquiert des milliers de fusils Berthier Mle 1907/15 et Mle 1916 français excédentaires pendant et après la Seconde Guerre mondiale, principalement grâce à des livraisons initialement destinées à d’autres pays. En 1948, le gouvernement turc convertit entre 3 000 et 10 000 de ces carabines en armes compactes destinées aux services forestiers (marquées « T.C. Orman 1948 ») afin de lutter contre l’exploitation forestière illégale.  Ces armes présentent des canons raccourcis, des embouts de canon de type Mauser sans support de baïonnette et des numéros de série retravaillés, tout en conservant le chambrage 8 × 50 mm R Lebel.

Les gardes forestiers utilisent ces carabines forestières pendant des décennies avant leur retrait du service dans les années 1980.

MAS, la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne

Le 27 août 1764, Louis XV fonde officiellement la manufacture d’armes à Saint-Étienne.  Ce décret consolide la production d’armes légères dans la ville. Il exploite le savoir-faire local en forge et en assemblage.

M. de Montbéliard et d’autres responsables dirigent d’abord la manufacture.  Elle est établie comme manufacture royale. Elle bénéficie du monopole de production pour la Couronne. Dès 1789, les ouvriers fabriquent des mousquets et des baïonnettes.  Ils produisent environ 12 000 armes par an.

La Révolution française transforme radicalement l’établissement. L’État nationalise la manufacture après l’abolition des privilèges royaux. Il l’oriente vers le soutien des armées révolutionnaires. Les ateliers intensifient la production d’armes à canon lisse standardisées.  Ils équippent massivement les citoyens-soldats. Cette phase inaugure la production industrielle. La Manufacture nationale d’armes de Saint-Étienne devient un centre stratégique pour l’armement républicain.

Au début du XIXe siècle, sous Napoléon, l’usine accroît fortement sa production. Elle soutient les campagnes impériales.  En 1838, elle dépasse 30 000 armes à feu par an.

Expansion au XIXe siècle

Au milieu du XIXe siècle, la Manufacture modernise ses installations. Entre 1864 et 1869, elle construit un nouveau complexe industriel sur la Plaine du Treuil.  Il couvre 12 hectares.  L’architecte Frédéric-Guillaume Kreutzberger le conçoit. L’usine installe des machines à vapeur. Elle exploite l’énergie hydraulique du Furan.  Elle optimise l’efficacité par rapport aux anciens ateliers artisanaux.

Les ingénieurs introduisent des fusils de nouvelle génération. Ils transforment l’équipement de l’infanterie française. En 1866, ils lancent la production du fusil à aiguille Chassepot modèle 1866. C’est le premier fusil réglementaire français à culasse. Il est fabriqué mécaniquement à grande échelle. Il utilise des cartouches combustibles en papier. En 1874, ils adaptent le Chassepot pour créer le fusil Gras modèle 1874. Il est chambré pour des cartouches métalliques. Il devient l’arme standard jusqu’en 1886. La production annuelle grimpe à plusieurs dizaines de milliers d’unités. Elle dépasse le million d’armes dans les arsenaux de l’État.

En 1887, la manufacture produit le fusil Lebel modèle 1886. C’est le premier fusil militaire au monde à utiliser de la poudre sans fumée. En 1891, les équipes atteignent une production de 1 550 unités par jour. Elles emploient 8 800 personnes.

Cette expansion industrielle transforme Saint-Étienne. La ville devient un pôle majeur de métallurgie de précision.  Elle diffuse des compétences en usinage, forge et assemblage.  Ces compétences se répandent vers d’autres secteurs comme l’outillage et le cycle.

Participation aux guerres mondiales

Pendant la Première Guerre mondiale, la Manufacture d’armes de Saint-Étienne soutient massivement l’effort de guerre. Elle fabrique environ 3,45 millions de fusils Lebel jusqu’en 1916. Elle adapte son organisation pour produire en parallèle le fusil Berthier modèle 1907/15. Entre 1916 et 1917, elle livre 1 à 1,2 million de fusils Berthier.  Ces fusils sont nécessaires aux troupes de première ligne.

Entre les deux guerres, la production ralentit. L’usine se concentre sur la modernisation et le prototypage.  Cela conduit au fusil à verrou MAS-36. Il est adopté en 1936 et produit dès 1937.

Durant la Seconde Guerre mondiale

Au début de la guerre, l’usine fabrique environ 250 000 fusils MAS-36 pour l’armée française. Après l’invasion de mai 1940, les forces allemandes occupent le site. Elles imposent la production d’armes pour la Wehrmacht.  Elles produisent notamment le pistolet-mitrailleur MAS-38 rebaptisé MP722(f). Les ouvriers multiplient les sabotages. Ils fournissent clandestinement les maquisards.

Les bombardements alliés, notamment le 26 mai 1944, endommagent gravement l’usine. Après la libération de Saint-Étienne en septembre 1944, l’établissement reprend la production. Il est sous contrôle national.

Production et déclin d’après-guerre

Après 1945, la manufacture restructure ses activités. Elle lance le fusil semi-automatique MAS-49 (1949). Puis elle produit le MAS-49/56 à partir de 1957. Elle produit 173 000 unités jusqu’au début des années 1970. Elle développe ensuite le fusil d’assaut FAMAS. Il est adopté en 1978. Elle en fabrique plus de 400 000 exemplaires.

Les années 1960 voient des coupes budgétaires. Elles réduisent progressivement le personnel de 6 000 à environ 3 000 employés. Dans les années 1990, l’usine intègre GIAT Industries. Elle se concentre sur la maintenance, le prototypage et de petites séries.

Site actuel et impact culturel

La production s’arrête en 2001. Une partie du site accueille aujourd’hui OPTSYS. C’est une filiale de Nexter spécialisée en optronique militaire. La fermeture provoque de lourdes pertes d’emplois. Mais le site garde une forte valeur patrimoniale. La Cité du Design, ouverte en 2009, et le Musée d’Art et d’Industrie perpétuent la mémoire et l’influence de la manufacture dans l’identité stéphanoise.

Informations complémentaires

Calibre

8 x 51R Lebel

Catégorie

C

Époque

20ème

Fonctionnement

Répétition Manuelle

Marque

Modèle

Mle 1907-15

Pays

France

Type

Arme d'Epaule, Carabine